Biographie

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« Allemande par hasard… »

 

 

La chanteuse franco-allemande Marén Berg naît à Hanovre, dans une famille de médecins où l’on écoute, chante et joue de la musique en amateur. Elle passe son enfance dans une petite ville du Harz (à 50 km de Göttingen) où elle fait partie de plusieurs chorales. Quand elle a dix ans, la famille déménage pour s’installer à Berlin. Marén découvre avec un  égal ravissement les chansons de Bertold Brecht mais aussi son premier opéra, les comédies musicales, les chansons de Bécaud…  Ses parents lui offrent une guitare et elle commence à chanter au lycée  les chansons des Beatles, de Joan Baez, de Barbara, de Hildegard Knef et Juliette Gréco. Grand choc émotionnel le 13 août 1961 : le Mur de Berlin se dresse, menaçant, malgré Kennedy et son « Ich bin ein Berliner ».

 

 

« Française par amour….. »

 

Après son bac, Marén Berg fait des études de langues d’abord à Londres, puis à Paris où elle se fixe définitivement. Elle fait « ses classes » à l’école de la chanson vivante : du Centre Américain aux cabarets de la Rive Gauche, du « Pub » de l’Olympia (où elle auditionne devant Bruno Coquatrix) au « Lucernaire », du « Petit Conservatoire » de Mireille au « Grand Echiquier » de Jacques Chancel. Cheveux longs, guitare folk en bandoulière, elle tourne en France, en Europe, en Afrique… Les catalogueurs à tout crins n’ont pas le jeu facile avec elle : Marén chante le jour pour les enfants et enregistre deux 33 tours avec des histoires et chansons d’Anne Sylvestre et Pierre Gripari : « Le secret d’Anatole »en 1978  et « Le petit cochon futé »en 1980. Le soir elle tourne  avec un tout autre répertoire, celui de ses deux 33 tours « Bien ça de pris » (1976) et « Wolfgang und ich » (1978) où elle interprète des chansons de Maxime Le Forestier, Yves Duteil, Guy Béart, Marie – Paul Belle et Anne Sylvestre. Au début des années 80  Marén Berg évolue dans son look et dans son style : elle troque sa guitare contre des musiciens et s’aventure dans le style musical de l’époque. Se considérant désormais comme un « trait d’union musical » entre l’Allemagne et la France, elle sort – avec le soutien de l’Office Franco -Allemand pour la Jeunesse – le premier disque franco-allemand publié en France : « die Blonde » (AUVIDIS, 1984).

 

En « mixant » dans la même chanson (!) ses deux langues, elle fait connaître et aimer des auteurs allemands comme Konstantin Wecker, Bettina Wegener, Wolf Biermann, Ulla Meinecke…. Marén s’implique désormais de plus en plus dans la cause franco-allemande et tourne dans les deux pays dans les villes jumelées et dans toutes les Associations franco-allemandes.  Fort d’un succès d’estime dans les médias pour « die Blonde », AUVIDIS sort en 1986 le 33 Tours « Chansons et Comptines d’Allemagne » (avec la couverture dessinée par PEF) et ainsi Marén poursuit son œuvre à la fois pédagogique et artistique auprès des jeunes et des adultes. Passages à Paris au Théâtre Dunois, au Cithéa, aux Sentier des Halles….

« Européenne par conviction… »

 

Franco-allemande mais surtout Européenne, le choix de ses chansons lui ressemble et reflète ses préoccupations de femme qui pense, qui rêve, qui aime, qui vit. En 1988 paraît l’album « De passage » avec, entre autres, une adaptation en  allemand d’ »Est-ce ainsi que les hommes vivent? » pour laquelle une Marén médusée se voit  embrassée par Léo Ferré en personne. Ses textes, mis en musique par Pierre Meige  et Gilles Langoureau, deviennent de plus en plus personnels. Elle est très concernée par le  racisme et son petit frère, le sexisme, par toutes sortes d’injustice et la liberté. En 1993 elle enregistre le CD « OuverTüre », un titre en jeu de mot, « Türe » signifiant porte. Il s’agit de la porte de Brandebourg qui s’ouvrit le 9 novembre 1989 sur une  nouvelle page de l’histoire de l’Allemagne et de l’Europe. En 1998 paraît le CD « Harmonie »  avec un bel hommage à sa grand-mère (« Au bout de ses doigts »), une version originale du poème de Heinrich Heine « Die Loreley » ainsi que plusieurs chansons de Klaus Hoffmann dont Marén  a fait des adaptations en français.

 

En 2002, elle reçoit en hommage à son talent d’artiste et d’ambassadrice chantante la MEDAILLE D’HONNEUR de la Fédération des Associations Franco-Allemandes . Dans la foulée Marén Berg  enregistre à l’Institut Goethe de Paris son double CD live  « Un concert / Ein Konzert ». Il confirme sa place spécifique dans la chanson. Mais elle ne s’arrête pas là: pour le 20ème  anniversaire de la chute du Mur de Berlin, la chanteuse devient comédienne avec la pièce « Mon Mur à moi/Die Mauer und ich », créée le 9 novembre 2009 à la Maison de l’Europe de Paris. Cette pièce sera suivie en 2010 par la pièce « RéNAZIstance » qui raconte l’histoire de Hans et Sophie Scholl. A partir de 2011, Marén Berg se tourne vers le Swing  qu’elle intègre dans son répertoire de plus en plus éclectique.

En 2013 elle crée à la Mairie de Saint-Maur-des-Fossés (Val de Marne)  avec ses musiciens un spectacle de reprises « A Paris et à Göttingen » dans lequel elle rend hommage à la fois à Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, les « pères » du Traité de l’Elysée dont on célèbre le 50ème anniversaire – mais aussi aux artistes comme Adamo, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud, Françoise Hardy, Michel Fugain et d’autres qui ont eu le courage de chanter leurs chansons dans les deux langues.

En 2016 Marén fête ses 40 ans de chansons à Paris avec son nouveau spectacle « Tour de coeur –Von Herz zu Herz » et, après le choc des attentats à Paris et à Berlin, elle crée en hommage aux victimes « Widerstehen – Résister » spectacle dont la première est donnée à Berlin-Falkensee en mai 2017. Investie dans son chant et dans ses mots, amoureuse du rythme et du mouvement, Marén Berg fait partager au public son bonheur, son plaisir de chanter et son amour  à tous égards pour toutes nationalités.

Et pour en savoir plus : Interview de Marén Berg par Luc Melmont


« Je tiens à vous dire toute mon admiration pour le formidable travail Franco-allemand que vous ne cessez d’accomplir. Peu de gens ont manifesté une telle continuité, une telle fidélité à l’impulsion initiale. Et toujours avec ce sens musical et cette main heureuse dans le choix des chansons. »

Alfred GROSSER